Robert Héritier

1926 – 1971

Les étiquettes de vin de Robert Héritier m’ont de tout temps fascinée, d’où mon envie de collectionner “ces petits papiers” ornant  les bouteilles de vin.

Monsieur Yves Jault dans son  livre « les créateurs d’étiquettes de vin », aux éditions Verseau,  décrit parfaitement Robert Héritier :

« Nul ne le conteste: Héritier fut le prince de l’étiquette. Heureux les producteurs qui ont cru en son style, comme les Fils Maye, dont les habillages (médaille d’or à l’Expo 64) sont de purs chefs-d’œuvre! A l’instar des autres séries de cet immense graveur sur bois, son «Saint François d’Assise» et ses 30 magistrales compositions pour le «Farinet» de Budry.

Remercions Jean-Pierre Kaiser (qui reprit en 1951 le poste de Bischoff aux Beaux-Arts de Lausanne) d’avoir donné à HR le feu sacré pour la gravure, car auparavant le «Saviésan de Tolochenaz» n’était «que» céramiste. C’est ensuite qu’il professa aux Arts & Métiers de Vevey et que son génie éclata littéralement: fer forgé, mosaïque, peinture murale, vitrail, illustration de livres… Soyons aussi reconnaissants envers l’imprimeur Max Roth d’avoir mis l’artiste (qu’il surnommait «Marignan») sur les chemins de la gloire!

Ses silhouettes aussi dépouillées qu’expressives, ses visages stylisés en forme de heaume, dont l’inclinaison suffit à refléter les états d’âme, évoquent l’art roman dans ce qu’il a de plus pur. Héritier n’aimait que l’austère noir-blanc. Sauf dans le vitrail, bien sûr. Pour qu’il tolère des couleurs sur ses bois gravés, il fallut tout le talent d’un Emmanuel Bosshart, qui inventa même une lettre pour «carrosser» le trait robuste du graveur!  Ce fut l’accord parfait: Alfa Romeo avait rencontré Bertone.

Héritier lâcha sa gouge, en pleine force de l’âge, un méchant jour de juin 1971. Son trait puissant, que l’on croyait invincible, fut stoppé net, laissant un vide immense sur la page. Mais laissant aussi une œuvre exemplaire, qui allait influencer nombre d’artistes. C’est l’héritage d’Héritier. »

Série d’étiquettes  de la cave des “Fils Maye” à Riddes

Dessin : Robert Héritier        Concepteur : Max Roth      Coloriste : Emmanuel Bosshart

Etiquettes de la cave des “Fils Maye” modernisées

Différentes  étiquettes provenant de plusieurs autres caves

L’Eglise de Cheiry et les décors de Robert Héritier

Celle-ci fut édifiée en 1966. Elle abrite des vitraux,  qui ont été conçus en même temps que le bâtiment lui-même, dans une étroite collaboration entre l’architecte Jacques Dumas et l’artiste Robert Héritier. 

Quelques photos de ces vitaux et dessins sur le mobilier

Pour plus de renseignements : article de Mme Béatrice Lovis, sur l’Eglise de Cheiry

D’autres vitraux de Robert Héritier à la Chapelle du Servan à Lausanne

L’artiste valaisan est parvenu à rendre le vitrail figuratif monumental en le stylisant à l’extrême. Les trois vitraux représentent la multiplication des pains réalisé en1964.

Robert Héritier s’est rendu célèbre par son expression d’une forme hiératique, austère et puissante. Planches tirées du calendrier de Roth et Sauter SA de 1964.

Robert Héritier est un grand artiste. Cela me fait plaisir de partager une partie de ma collection avec vous.

Sylviane